Invitant à une vaste dérégulation, le rapport de
Jacques Attali avait promis un rapport qui tiendrait « en 3 pages ». Il en compte plus de 300. « Mode d'emploi pour des réformes urgentes et fondatrices », « non partisan » et « résultat d'un consensus » entre les 44 membres de
Trois priorités
Et le bonheur selon Jacques Attali n'est pas pour un avenir lointain, mais bien pour un futur proche. Son plan s'inscrit, en effet, dans un calendrier politique précis car « le pays voudra en mesurer les effets au printemps 2012 », date des prochaines élections présidentielles. C'est possible, écrit-il, si « toutes » les « décisions » qu'il préconise, sans exception, sont « préparées en détail de janvier à avril 2008 » puis « mises en oeuvre entre avril 2008 et juin 2009 ».
La commission a défini trois priorités : « capter les bénéfices de la croissance mondiale ; promouvoir des acteurs mobiles et sécurisés ; mettre la gouvernance au service de la croissance ». Avec comme premier objectif d'améliorer la situation des « actuels perdants du statu quo » : les jeunes, les pauvres, les exclus du marché du travail « et plus généralement les classes moyen- nes ».
Un pays multispécialisé
Titré « 300 décisions pour changer
« En bloc » ou pas du tout
Nombre de ses propositions (réduction des délais de paiement de l'Etat aux PME, création de pôles d'enseignement supérieur, réforme de la représentativité, rupture à l'amiable du contrat de travail...) légitiment au passage la politique de réforme menée depuis le printemps dernier. « Celles des décisions impliquant un coût budgétaire nouveau sont toutes financées, et respectent l'objectif de réduction de 1 % de la part des dépenses publiques dans le PIB », assure par ailleurs la commission, qui a pris soin de préconiser l'apport de fonds privés pour l'université, le très haut débit ou les « Ecopolis », ces villes nouvelles modèles d'écologie et de technologie.
Il n'empêche : même s'il se veut « prêt à l'emploi », le travail de la commission Attali risque d'apparaître assez largement irréaliste, a fortiori dans les délais impartis. D'autant qu'il ne propose pas de méthode. Et que l'ancien conseiller de François Mitterrand prévient noir sur blanc : pas question que l'exécutif picore ici ou là, fasse sa « shopping list ». Son oeuvre est à prendre « en bloc » ou pas du tout. « Ce que vous proposerez, nous le ferons », avait imprudemment assuré Nicolas Sarkozy en installant la commission.
VÉRONIQUE LE BILLON


